Le message du Doyen

Unité pastorale Saint Paul :

Les équipes de proximité

 

Depuis trois ans, ce que l’on appelait le Secteur pastoral de Messancy est devenu l’Unité Pastorale saint Paul en Lorraine.

 --> lire la suite

Présentation

Le Doyenné se situe dans le sud de la Province belge de Luxembourg. Il couvre les communes de Messancy, d'Aubange et une grande partie de la commune de Musson.

Il fait partie de la Lorraine belge et du Diocèse de Namur. --> lire la suite

Bienvenue

Accueil

Doyenné de Messancy

Doyenné de Messancy
Wolkrange - église
Wolkrange - église

press to zoom
Turpange - église
Turpange - église

press to zoom
Bébange - église
Bébange - église

press to zoom
Wolkrange - église
Wolkrange - église

press to zoom
1/8
Wolkrange - église
Wolkrange - église

press to zoom
Turpange - église
Turpange - église

press to zoom
Bébange - église
Bébange - église

press to zoom
Wolkrange - église
Wolkrange - église

press to zoom
1/8
Guerlange - église
Guerlange - église

press to zoom
Aix-sur-Cloie - église
Aix-sur-Cloie - église

press to zoom
DSC05455 C
DSC05455 C

press to zoom
Guerlange - église
Guerlange - église

press to zoom
1/4
Baranzy - église
Baranzy - église

press to zoom
Willancourt - église
Willancourt - église

press to zoom
Halanzy - église
Halanzy - église

press to zoom
Baranzy - église
Baranzy - église

press to zoom
1/7

Unité pastorale Saint Paul en Lorraine

Secteur pastoral de

Aubange

Unité pastorale Notre-Dame des Cuestas

Camouflage.

 

Sachant lire même entre les lignes, au service militaire il fallait parfois se camoufler pour se fondre dans la végétation et les bois. Faire tenir des branchages sur le casque n’était pas facile et ‘l’ennemi’ nous repérait vite.

 

C’étaient des petits exercices en comparaison des grandes manœuvres d’autres armes. Les humains pratiquent l’art du camouflage dans la politique et les affaires mais n’y arrivent pas souvent à long terme. Ils finissent toujours par se faire repérer. Les états sont démasqués dans toutes leurs exactions tôt ou tard.

 

Les grandes ou petites dictatures essayent de rouler le monde mais cela ne dure pas. Heureusement. Le vernis des fausses vertus craque et les cadavres enfouis dans l’étang finissent par remonter à la surface. Au niveau individuel aussi et dans les familles la loi de l’omerta existe parfois mais un jour ou l’autre elle est rompue. Des états tentent de cacher leurs abus de pouvoir, leurs manquements aux droits de l’homme pour enrichir davantage les riches, leurs génocides mais personne n’est dupe. Et un jour cela se retournera contre eux, un retour de manivelle, un effet boomerang.

 

Augustin d’Hippone, dans la joute verbale qui l’opposait aux manichéens, a joué la carte de la transparence et il en est sorti vainqueur mais le juge intègre qui a tranché l’affaire l’a payé de sa vie. Il connaissait les menaces dont il était l’objet mais il est resté juste. Ce qui veut dire que la Vérité sera un jour victorieuse de toutes nos cachotteries et dissimulations.

 

Que le ciel nous tienne en joie si nous marchons vers la lumière.

 Le maraudeur.

 

Le chicouf de l’été

 

Ah, les vacances ! Chaque année, on les attend avec impatience. Certains parmi les plus jeunes, mais pas seulement, décomptent même les jours. Comme les prisonniers gravent dans le mur de leur cellule un bâton pour une journée. Et le cri de libération qui résonne dans les cours de récréation aux premiers jours de juillet en dit long ! Cette période est pour beaucoup synonyme de repos, de dépaysement, de bonheur, de moments partagés en famille.

 

La famille : c’est souvent le maître mot de l’été. Parce que c’est l’une des premières destinations, et l’un des premiers objectifs, des vacances. Et l’on retrouve, comme dans l’œuvre de la comtesse de Ségur, le goût intemporel du grand air, des confitures, des aventures avec les cousins, des partages et des bêtises. Combien de grands-parents se réjouissent de voir arriver leurs petits-enfants pour l’été ! Ils s’en réjouissent à l’avance… même s’ils savent que, quelques semaines plus tard, ils pousseront un soupir de soulagement en les voyant repartir, épuisés par l’énergie de cette jeunesse, qui vient bousculer leur tranquillité et leurs habitudes, parfois aussi leurs certitudes. Cette alternance de sentiments s’appelle le « chicouf » : « Chic, ils arrivent ; ouf, ils repartent. »

 

A la veille des jolis mois d’été, je ne peux m’empêcher de penser à ce garçon de ma classe, en primaire, qui disait, les dents et les poings serrés : « J’aime pas les vacances. » Non qu’il préférât l’école, mais parce que les vacances le ramenaient à la solitude de sa vie, aux décès prématurés de ses parents et grands-parents, qui le laissaient sans famille. Tout avait changé lorsqu’il avait découvert la joie du scoutisme. Il s’était alors mis lui aussi à attendre juillet avec impatience. Avec lui, je remercie tous ceux qui, durant l’été, dans la cadre d’associations ou de mouvements de jeunesse, donnent de leur temps, de leur énergie et de leur cœur pour que d’autres passent de bonnes vacances. Et je suis sûre que, comme les grands-parents aimants, ils se disent également « Chicouf » !

Anne-Dauphine Julliand,

Journaliste et écrivaine

 

ADAM, L’homme nu !

 

Ah, cette communion, quel bonheur ! Se sentir « un » avec l’autre… Rien ne vient troubler ou inquiéter cette félicité. Le jardin est vaste, tout y est donné, tout y est paisible. Le regard d’Adam, comme celui d’Eve, est ravi : Dieu est au centre. Au centre de tout et en tout : on n peut voir aucune créature sans voir le Créateur ; on ne peut regarder le Créateur sans regarder la Création. Et tout cela est bel et bon. Même ce fruit, là-bas. Ce fruit cueilli et désormais dans la paume de la main. Rien ne semble pouvoir briser la douceur de ce jour. Il y a la bouche qui s’ouvre pour croquer le fruit. La main qui le porte jusqu’aux lèvres. Le choc du contact des deux peaux, celle du fruit et celle des lèvres. Avant que la bouche n’engloutisse le fruit.

 

Et voici qu’à peine la première saveur ressentie, les yeux se ferment comme si l’on guettait un plaisir plus grand que tous ceux éprouvés. Mais rien ne vient. Sinon que le regard, lorsque les paupières s’ouvrent à nouveau, se porte vers le sol. Où il n’y a plus que glaise séchée et flaques croupies : le souffle est parti, il ne reste plis que la triste nudité de la chair.

 

Un autre soir, dans un jardin aussi, alors que Jésus est arrêté, un jeune homme, dont les yeux s’étaient fermés dans quasi-coma d’un sommeil profond, se réveille et s’enfuit pour se cacher, tout nu. Comme si se dévoilait alors dans cette scène d’Evangile ce qui, depuis Adam, hante nos âmes : ce conflit incessant entre l’espérance immense d’une communion qui vient et la peur de la vivre, l’angoisse de l’accueillir.

 

Alors qu’il nous suffit, pour nous en approcher, re reconnaître au quotidien de nos jours que le Christ est présent au cœur de notre vie, de note monde. Et qu’ainsi, point central de tout et de toutes choses, il nous invite à comprendre que nous ne pouvons regarder quiconque sans croiser son regard à lui et que nous ne pouvons espérer son visage sans voir ceux de nos frères.

Mgr Benoist de Sonety,

curé de St Eubert à Lille

 

Guerres ...  Sans fin.     

Sachant lire même entre les lignes, je n’entends plus parler de la nécessité d’une bonne guerre pour réveiller la société car elle est là et ce n’est pas une bonne. Elle est porteuse d’effets pervers sur toute la planète. Je suis complètement ignorant en histoire. Nous avions des manuels qui ne m’en ont pas donné le goût. Ce qui occasionna une ignorance crasse qui dure toujours. Je pense que je ne suis pas le seul car lorsque j’entends les réflexions de M. Tout- le-Monde, elles procèdent de la même ignorance. Quant à la guerre, nous n’avons guère évolué depuis le temps des dinosaures qui s’entre-dévoraient dans les marécages et les forêts de prêles il y a plus de 65 millions d’années. La bible aussi est remplie de guerres* mais la fidélité de Dieu demeure infatigable. La terre d’Israël, comme la Belgique, est un paillasson pour les armées conquérantes. Les conflits s’engendrent les uns les autres Je suis en train de picorer dans un livre d’histoire contemporaine de Frédéric Pons des éditons ‘Monpoche’, intitulé ‘Poutine’, qui me semble intéressant pour comprendre la personnalité du président actuel de la Russie qui refait l’histoire à sa façon. A lire pour nuancer les bavardages insignifiants. Et que le ciel nous tienne en joie pour devenir des artisans de paix qui essayent de réfléchir et de penser correctement.

Le maraudeur.

* il n’y a rien de plus étrange que d’entendre le lecteur à l’église lire des récits pleins de sang et de conclure imperturbablement : parole du Seigneur et l’assemblé met le point final par un routinier ‘nous rendons grâce à Dieu’. Je regarde tout le monde et personne ne bronche. Caën tua son frère Abel : nous rendons grâce à Dieu !

NB : Je viens de voir un film sur Napoléon. Ses guerres d’un esprit nationaliste conquérant sont une suite de carnages. Il a créé de bonnes institutions. Il aurait pu se passer de conflits meurtriers. Quelle maladie héréditaire ! Posséder, posséder, toujours avoir plus.

 

L’enfance n’est pas d’abord nostalgie mais projet ; elle n’est pas innocence d’aurore mais plénitude à venir d’innocence.

François Varillon, Humilité de Dieu

 

Sachant lire même entre les lignes, j’ai appris dernièrement qu’une personne promenant son toutou dans son quartier, le poussait à déposer sa ‘carte de visite’ devant la maison voisine et n’utilisait pas de sac pour récolter son cadeau. La voisine lui demanda gentiment d’y remédier mais sans résultat. Bien au contraire, au lieu de s’amender elle persévéra. Espérons que cette escalade cessera et ne se terminera pas devant le juge de paix qui invitera les belligérants à mettre fin à cette ‘gue- guerre’ scatologique pour qu’elle n’ait pas lieu comme celle de Troie. Il faudrait peut-être que notre promeneuse aille s’étendre sur le divan d’un psy pour découvrir les raisons profondes cachées depuis sa tendre enfance qui la pousse à em…bêter le voisinage !* Il y a des noms poétiques pour désigner ces cadeaux. Pour l’enfant nouveau- né, le colis tant attendu porte le nom de méconium, celui des pigeons c’est une colombine, pour les cerfs une fumée, le sanglier une laissée et enfin le ver à soie une litière. Dans mon enfance lorsqu’un cheval s’oubliait sur la route nous allions vite chercher une petite pelle et un seau pour porter le précieux crottin au potager. C’est un bon engrais bio. Souvenons-nous aussi de la comédie de Molière, le médecin malgré lui où Sganarelle s’enquiert si la matière est louable et assez copieuse ? L’histoire a aussi retenu qu’un empereur d’Orient nommé Constantin V** (+ le 14.IX.775), a porté toute sa vie un second prénom : Copronyme ou l’Ordurier parce qu’il avait souillé les fonts baptismaux lors de son baptême il a sans doute été saisi par cette plongée dans l’eau froide : Que le Ciel nous tienne en joie et il sera sûrement heureux si nous répondons à ses appels au lieu de faire la sourde oreille. Ah si mon peuple m’écoutait.

Le maraudeur.

* Peut- être est- ce le besoin d’attirer l’attention à cause d’un manque de reconnaissance dans notre monde où il y a beaucoup de personnes seules ? 

** Il avait demandé en mariage une belle jeune fille, Gisèle qui l’avait éconduit car elle avait donné sa vie au Roi des rois. (Ste Gisèle fêtée le 21 mai).

 

Sachant lire même entre les lignes, que veux-tu que l’on fasse en son gîte si ce n’est de songer ? Des questions lancinantes longtemps enfouies ressurgissent sans réponses. Peut-être en as-tu aussi ? Je t’en fais part ; même si tu souris. Pourquoi, ma couette, pendant la nuit, est-elle toujours entraînée du côté droit jusqu’à tomber par terre tandis que l’oreiller s’en va vers la gauche ?  En dormant je ne me retourne pas sur le ventre de droite à gauche. Donc elle devrait rester en place et s’y remettre même si je me tourne d’un côté à l’autre. Il faut noter aussi que le matelas glisse vers la droite même si je suis gaucher.  Pourquoi aussi descendre toujours vers le pied du lit en dormant ? Un jour ces questions ne se poseront plus. Je ne bougerai presque plus et une personne charitable me remontera en me prenant sous les aisselles et me calera avec mes oreillers pour que j’essaye de dormir. Avant de reposer dans le cimetière (ce qui veut dire dortoir), Il faut « veiller » avant le dernier sommeil ! Que le Ciel nous tienne en joie car il a promis de nous « réveiller ». Et nous ne serons plus obligés de refaire notre lit. Nous le déposerons aux encombrants.

Le maraudeur

 

Sachant lire même entre les lignes, le speaker de FC me souhaite chaque matin un bon réveil et une excellente journée après avoir fait le tour de la terre grâce à tous les envoyés spéciaux et les spécialistes des questions brûlantes. Les merveilles des moyens de communication nous branchent en une seconde sur toutes les latitudes, de la Chine au Brésil, de Bagdad en Ukraine, de Moscou à la Corse. Ce tour du monde qui n’est plus en 80 jours mais en quelques minutes me met KO et il faut un certain temps pour reprendre mes esprits et me remettre debout sur le ring de la vie. Et vous ? Comment faites- vous ? En ce qui me concerne je fais une petite cure de silence intérieur pour recharger les accus et retrouver le souffle. Je dois vous avouer que la bible et la liturgie me réaniment comme un masque à oxygène. Les psaumes sont d’anciens remèdes qui ont fait leurs preuves. Contempler le printemps* qui pointe son nez est aussi une bonne thérapie. Voir les progrès de la sève qui monte. Les pâquerettes qui ont échappé aux tondeuses à la coupe trop basse. Se remémorer les noms des fleurs qui, petit à petit éclosent : les primevères, les crocus, les jonquilles cueillies dans les prés. Dresser l’oreille pour écouter le chant des oiseaux qui se font plus rares, chassés par des pies et des corneilles. Que le Ciel qui fait naître du neuf, nous tienne en joie si nous acceptons le retour du « printemps intérieur » promis de longue date.

Le maraudeur.

 

Les dents.     

Sachant lire même entre les lignes, je viens d’apprendre que des archéologues ont retrouvé une dent de lait d’un petit homo sapiens égarée au milieu des restes de néandertaliens. Cela confirme que l’homo sapiens et l’homo neandertalensis se fréquentaient. Ce dernier a disparu sous la pression de notre espèce qui a les dents longues. Vous savez peut-être que le corps de Patrice Lumumba assassiné en 1961 a été brûlé dans la chaux vive et il ne restait que deux dents. L’une a été restituée à la famille après une soixantaine d’années. J’ai entendu son discours (non programmé ?), au moment de l’indépendance. Il ne cachait pas la vérité parfois crue de l’époque coloniale. Cela n’a pas été apprécié et il l’a payé de sa vie. Restons sur les dents. Elles font mal en poussant, elles font mal quand elles sont cariées, qu’elles branlent, ou qu’elles se déchaussent. Finalement, lorsqu’ il faut les arracher pour installer un dentier c’est encore une opération peu intéressante malgré l’anesthésie locale. Ma dentiste m’a certifié qu’un patient s’était endormi dans le fauteuil durant des soins ordinaires ; vous connaissez le sketch de mister Bean chez le dentiste ? Super ! On n’est pas encore tranquille avec un dentier car il blesse parfois la bouche. Faites soigner vos dents car ce n’est pas joli quand vous riez et que l’on voit des chicots jaunes mal plantés dans votre mâchoire. Il faudrait une dentition de requin qui repousse comme les ongles. Il suffirait de les couper. Je vous conseille la brosse à dents rotative. Que le ciel nous tienne en joie et nous aide à ne pas avoir une dent contre quelqu’un. Il faudra qu’elle tombe ou que l’on nous l’arrache.

Le maraudeur

NB. Si vous avez trouvé un bon ou une bonne dentiste, restez-y fidèle car cela devient rare. Le temps est loin où je m’accrochais à une chaise pour endurer le supplice d’une fraiseuse à pédale. Après cette ‘séance de torture’ j’avais droit à un cornet à la crème de la pâtisserie d’en face

 

Dieu n'est pas là pour donner des "repères" et châtier les contrevenant. Il est le repère ou plutôt l'heureux père de milliards d'enfants qu'il crée gratuitement pour qu'ils d'aiment en vérité.

Paul Clavier,

enseignant-chercheur en philosophie

 

Chère lectrice et cher lecteur sachant lire même entre les lignes, ça va ? Vous tenez le coup et gardez le moral ? Ce n’est pas facile car, chaque matin, avant la douche (*), nous sommes noyés dans toutes les nouvelles du monde. Je comprends les personnes qui ne regardent plus les infos et s’enferment dans leurs petites bulles pour ne pas se laisser contaminer par la sinistrose. Où est le vaccin pour lutter contre cette pandémie ? Cependant je me force à écouter les nouvelles de la planète car la politique de l’autruche ou du hérisson qui se met en boule ne me semble pas la meilleure. Ce matin j’ai entendu un reportage sur ‘la face sombre et cachée’ des usines de la frite belge : pas joli du tout ! Et  aussi la disparition progressive du chardonneret en Europe et en Afrique du Nord. C’est un commerce qui rapporte autant que la drogue parait-il. Mais je veux vous signaler un petit miracle de la communication : Lorsque je désire téléphoner à La Croix, quotidien catholique français qui n’est pas mal du tout, je suis mis en contact avec une personne réelle qui m’aide à régler le problème qui me préoccupe même si cela prend du temps. Enfin, une technique qui n’empêche pas de communiquer. C’était le jour de la St Valentin et je lui ai souhaité une belle soirée avec son épouse. Que le Ciel nous maintienne en joie grâce à de petits signes pour que nous devenions des cellules saines dans ce ‘grand corps malade’.

Le maraudeur.

(*) il y a quelques décades nous avions le bain hebdomadaire chauffé sur la cuisinière et versé dans une baignoire en tôle galvanisée ; plusieurs personnes de la famille s’y plongeaient tour à tour. Les enfants d’abord !

 

Histoire de l’univers en un an.

 

Chère lectrice et cher lecteur sachant lire même entre les lignes nous sommes au premier décembre de notre super-calendrier cosmique. Sur notre terre voici le développement d’une atmosphère avec oxygène ; le 17 décembre, début du cambrien et des invertébrés ; le 18, premier plancton, croissance des trilobites ; le 20, premiers poissons et vertébrés ; le 21 les plantes envahissent la terre ferme ; le 22, premiers insectes ; des animaux prennent pied sur terre, premiers amphibiens et premiers insectes ailés ; le 23, premiers arbres et premiers reptiles du carbonifère. Le 25, premiers dinosaures. Le 26, premiers mammifères, le 27, premiers oiseaux du jurassique. Le 28 décembre, premières fleurs au crétacé. Le 30 décembre à 12h, grandes extinctions marines et terrestres incluant les dinosaures. Prolifération des mammifères à l’ère tertiaire. Le 31 décembre à 12h, premiers cétacés et premiers primates. A 18h premiers hominidés et mammifères géants. A 22h30 début du quaternaire : les premiers hommes apparaissent, disparition de plusieurs espèces animales il y a deux millions d’années. Il est déjà tard ce soir du 31 décembre et il ne s’est pas passé grand-chose de l’histoire humaine. Mais les dernières minutes de cette année cosmique vont nous combler : un être étrange va apparaître : l’Homo Sapiens ! Le sera-t-il vraiment ?

Le maraudeur.

 

Une lumière malgré tout

Lorsque vous recevrez ce numéro de Carillons, vous serez sur le point de célébrer la naissance du Christ, fête de lumière et d’espérance qui nous rappelle qu’en Jésus, Dieu s’est fait le prochain de notre humanité.  Il est venu partager nos joies et nos peines, nous rejoindre dans notre condition marquée par la fragilité pour que nous puissions accueillir sa propre vie, son éternité.  Découvrir cela apporte la vraie joie de Noël : la joie de savoir que Celui qui est à la source-même de tout ce qui est nous donne d’être ses enfants pour toujours. 

Mais cette joie de la nativité ne doit pas nous faire oublier le caractère parfois difficile et même tragique de l’existence.  Le bois de la crèche annonce d’une certaine manière le bois de la croix.  Trop de personnes vivront Noël dans la solitude, la précarité, la violence, l’exclusion.  C’est dans cette réalité-là que Dieu s’immerge en Jésus.  Réalisons-nous le caractère révolutionnaire de Noël ?  Dieu ne se dit pas dans les temples et les palais.  Il se donne tout entier dans un enfant qui vient de naître et qui devra bientôt prendre avec ses parents les chemins de l’exil pour fuir la violence des hommes.

Mais si cette histoire est encore racontée aujourd’hui, c’est parce que cette violence n’a pas eu le dernier mot.  La proclamation de la naissance du Christ porte en elle l’annonce de la victoire de l’amour et de la Vie.  Noël nous montre déjà Pâques.

Dans quelques jours, nous entreront dans l’année nouvelle.  Il est inutile de rappeler que le contexte actuel est marqué par l’incertitude.  Notre humanité se montrera-t-elle capable de relever les grands défis qui se présentent à elle ?  Et notre Eglise, nos communautés chrétiennes, seront-elles à même de tirer les leçons des multiples crises qu’elles traversent ?  Vivront-elles la conversion nécessaire pour qu’elles témoignent de manière crédible de la Bonne Nouvelle du Christ ?

Entre optimisme béat et pessimisme désabusé, des voies sont possibles. La manière d’être de Jésus… son appel à aimer, à pardonner, à servir… sa confiance en Dieu jusque dans la mort…  nous appellent à creuser des chemins d’espérance et de lumière, malgré la grisaille ou même l’obscurité.

Ce matin, j’ai pu méditer un verset du psaume 83 qui dit ceci : « Heureux les hommes dont tu es la force, des chemins s’ouvrent dans leur cœur.  Quand ils traversent la vallée de la soif, ils la changent en source. »

Je souhaite que dans les mois à venir, nous soyons toutes et tous de celles et de ceux qui, avec l’aide de Dieu, contribueront à changer en sources les déserts de la solitude, de l’indifférence, du chacun pour soi. Une bonne année 2022 !

Abbé Patrick Graas

 

Comment manges-tu ?

 

Chère lectrice et cher lecteur sachant lire même entre les lignes, dis-moi comment tu manges et je te dirai qui tu es. Cette pensée est-elle exacte ? Je pense que oui. Vous souvenez-vous de la ‘grande bouffe’ qui a scandalisé en son temps.  Il faudrait nous filmer en train de manger. Nous pourrions rire un peu de nous-mêmes. J’ai entendu une responsable d’une cantine scolaire dire qu’une de ses préoccupations principales était de faire terminer leurs assiettes aux jeunes après le repas de midi. Des adultes aussi laissent des reliefs sur leurs assiettes. Les couteaux restent barbouillés de beurre ou de confiture. Les tasses ne sont jamais bues à fond. Il ne s’agit pas de lécher son assiette mais de ne pas envoyer à la poubelle une quantité importante de nourriture. Dévores-tu rapidement ? Avant d’engager un ouvrier agricole on lui offrait à manger. S’il mangeait vite il travaillerait vite. En ce temps- là on ne se rendait pas compte que la digestion commence par une lente mastication. Entre le glouton qui dévore et le moineau qui picore il y a de la marge. Je me souviens d’un grand homme qui enfournait d’un seul coup de fourchette une bonne tranche de jambon. Manger calmement sans se presser et parler avec ses commensaux est bon pour le moral. Il y a aussi des dîners d’affaires qui aplanissent des difficultés. Acheter des contrats en offrant de copieux repas n’est pas très moral mais assez courant. Un Homme très riche à l’occasion de son anniversaire, avait invité ses amis dans un restaurant étoilé et avait commandé toute la carte. Au fur et à mesure que les plats arrivaient, ils les goûtaient, les renvoyaient en cuisine et passaient au plat suivant. (Sic) Cela crie vengeance au Ciel. Le festin du riche tout près du pauvre Lazare un jour finira. Dernièrement je me hasardais à bénir la table en remerciant Dieu et mes hôtes. J’entendis une voix s’élever et dire : Il n’a rien à voir là- dedans ! (Re-sic)! Même les chiens connaissent celui ou celle qui les nourrit ; les porcs aussi*.  La plus belle image que nous avons du Royaume est celle du repas des noces éternelles où les pauvres seront comblés. Heureux les invités…  Que le Ciel nous mette en appétit !

Le maraudeur

Alors que moins de 2% des français vont à la messe le dimanche, « cathos de droite » et « chrétiens de gauche » continuent régulièrement de croiser le fer, se disputant en quelque sorte l'appellation contrôlée de "bons chrétiens", Jean de Saint-Cheron interroge cette expression devenue aujourd'hui presque ridicule. En plongeant dans l'Évangile, mais aussi dans l'histoire de l'Église et du monde moderne, il s'efforce de montrer que le christianisme est le plus pur des réalismes, seul capable de proposer à l'homme un horizon crédible de vérité et de bonheur : la sainteté. Celle-ci est pourtant le grand "obstacle" infranchissable, tant pour ceux qui se disent chrétiens que pour le monde sans Dieu. Avec un humour pamphlétaire, l'auteur met aussi en garde contre le confort de l'identitarisme chrétien ; car ce monde est le lieu de notre salut, et l'on ne saurait le rejeter d'un revers de main. Une traversée de la matière et de l'esprit, tenant l'une sans jamais lâcher l'autre, où des géants tels que Pascal, Houellebecq, Nietzsche ou Bernanos nous aident à voir clair

 sans jamais désespérer.

 

Elle est réveillée*

 

Cher lecteur et chère lectrice sachant lire même entre les lignes, c’est la grande fancy-fair en Chine cent ans après le début du PCC. Le plus puissant parti du monde s’autocélèbre en grandes pompes. Le coup d’œil en vaut la peine : voir ces foules colorées réalisant de belles figures mouvantes.

 

Cela me rappelle les fêtes du séminaire de Bastogne des années 50 où nous défilions dans la grand- rue en chemises blanches ornées d’un écusson. Au pas camarade, au pas … Sur la place du ‘carré’ devenue la place Mac- Auliffe, en haut de la ville nous réalisions une démonstration de gymnastique de masse soutenue par une musique qui n’était pas de la Hi-Fi. Il y avait la gymnastique d’élite soutenue par le préfet qui la nommait « ma gym ». Table de saut réglable pour la haute voltige et pyramide humaine où le plus léger se hissait au sommet en escaladant ses camarades. Je vois encore les photos au bord crénelé. Tout cela faisait partie de l’image de la ‘maison’ à promouvoir.

 

Mais revenons à la Chine qui se veut l’empire le plus puissant de la terre et prend tous les moyens pour y arriver. Tous ces beaux défilés ne vous rappellent-ils pas les célébrations nazies qui ont précédé la deuxième guerre mondiale ? Volonté de puissance, élimination des opposants dans les camps, pensée unique, conquêtes bien orchestrées pour envahir le monde. Fausse image d’une humanité en quête d’unité, nouvelle tour de Babel qui, un jour s’écroulera comme toutes les autres. Les empires les plus puissants, même s’ils durent mille ans, tomberont car la liberté humaine est plus forte que toutes les dictatures.

 

Dommage que les hommes deviennent amnésiques. Relisons le livre de Daniel où nous voyons un petit caillou qui fait tomber l’orgueilleuse statue au pied d’argile. J’avais un vieux cousin Félicien Guillaume qui, si mes souvenirs sont exacts, voulait apprendre à piloter un petit avion pour échapper au péril jaune en allant en Angleterre !

 

Que le Ciel nous tienne en espérance ! En attendant, travaillons, prions et soyons joyeux comme le suggérait St Benoit et que le ciel nous tienne en joie. Pas facile de guérir cette déprime ambiante !

Le maraudeur.

*Alain Peyrefitte avait écrit en 1973

 ‘Quand la Chine s’éveillera’

« Respirer notre vie »

Tel est le titre d’un livre poème écrit par Frère Bernard-Joseph de l’abbaye d’Orval, un livre qui nous invite à être à l’écoute de notre respiration, de notre souffle. Edité en avril 2018, ce recueil est d’autant plus précieux aujourd’hui qu’il met en lumière ce miracle, cette merveille qu’est notre « respir ».

 

La question de la respiration est très actuelle et la crise sanitaire met en évidence son importance vitale. Respirer, c’est quelque chose d’instinctif, de naturel, sauf lorsqu’on s’aperçoit qu’on respire mal ou que, confronté à une épreuve, on nous dit : « Respire un bon coup », pour reprendre courage. Ce mouvement de la vie même, inspirer, expirer, s’est vu malmené, tant par un virus que par un rythme de vie effréné qui n’a fait que s’intensifier au fil du temps. Ici et là fleurissent des techniques pour apprendre à maîtriser sa respiration, notre souffle ne serait-il donc que cette quinzaine d’inspirs-expirs que nous produisons chaque minute et qu’il nous faut travailler pour respirer plus librement ?

 

En ce printemps, j’ai pu rejoindre l’abbaye d’Orval et participer aux journées de ressourcement qui avaient pour thème : « Corps vivant, Corps présent, Corps priant ». Frère Bernard-Joseph nous suggère de creuser en profondeur pour que s’ouvre en nous « un autre espace » qui nous donnera de respirer, de vivre au large, d’être conscient du souffle pour accueillir la vie avec gratitude. Il nous invite à entrer dans cette joie du souffle par la poésie et la découverte d’auteurs qui expriment ce qui est essentiel au cœur de l’être humain.

 

Orval, avec une joie immense, je retrouve cet espace de beauté ! Pouvoir à loisir admirer, contempler, regarder, écouter … « sans bruit », le frémissement du vent jouant dans les feuilles des arbres, la joie mélodieuse du merle au lever du jour ! Oui, il est possible de respirer la beauté du monde ! S’asseoir, se laisser habiter par ce souffle intérieur qui vous soulève, vous bouleverse et vous rejoint au plus profond. Le silence m’apaise, me nourrit, m’aide à écouter … Dieu est discret, il est là dans le « murmure d’une brise légère ». Dans nos vies envahies par le bruit et les vertiges, le silence est une richesse.

 

Les espaces de prière … De vastes nefs où s’égrènent les versets des psaumes, pour donner de la respiration à nos cœurs … La grande cour qui vous ouvre les bras, un jardin de pierre ou une chapelle, une halte auprès du grand chêne à la tombée du jour, autant de lieux qui invitent au « respir »

Respirer et prier, vraiment ? Voici ce que nous dit le jésuite Dominique Salin : « La vie spirituelle est d’abord une affaire de respiration, de souffle. Prier, c’est d’abord apprendre à respirer, au sens propre et au sens imagé du mot : se défaire du stress, de l’essoufflement qui est, peu ou prou, le lot de chacun d’entre nous. Prier, ce n’est pas seulement enchaîner des mots, c’est reprendre son souffle, le laisser s’accorder au rythme, aux pulsations de l’Esprit. »

Quelques mots encore glanés dans le livre de Frère Bernard-Joseph :

Je respire        merveille        grâce              Ça respire en moi        

Le Souffle        le Vivant respire en moi        Respir      invisible prière

 

Puis-je souhaiter à chacun, à chacune de cultiver cette respiration ? Respirer, dans tous les sens du terme : air, bienveillance envers soi, les autres et tout ce qui nous entoure, beauté, spiritualité, autant de fragments qui font notre humanité.

Marie-Thérèse Kirsch

Aubange

 

Le Baiser

Il est menacé de disparaître de la surface de la terre. Parce que du jour au lendemain, il est devenu potentiellement mortel. Pourtant, il est né avec l'homme, l'accompagne depuis ses origines et ne l'a jamais quitté depuis. Il participe d'ailleurs à sa manière à la perpétuation de la race humaine. Sans lui, le monde ne sera plus jamais le même. Il perdra en beauté, en tendresse et en joie.

 

Celui qui est sérieusement menacé d'extinction, c'est le baiser. Celui que l'on échange pour se saluer, celui qui claque et qui résonne.

 

…Oui, un baiser, même déposé sans y penser sur la joue de celui que l'on croise, parle à notre âme. Il nous dit d'approcher jusque dans le périmètre vital de l'autre, cet espace où vibrent la respiration et les battements du cœur. Il nous engage physiquement et nous lie bien plus qu'une main tendue. Même si Judas en a fait le signe d'une trahison, un baiser traduit surtout notre affection notre amitié, notre amour, bien sûr. Je souris en voyant les gestes compliqués qu'inventent les jeunes pour se saluer. Claquements de paume et de dos de la main, poing contre poing, coude à coude. Les émois de l'adolescence, bien plus que la peur de se transmettre un virus, les empêchent de s'embrasser, sinon de dire des sentiments naissants.

 

Aujourd'hui, le baiser a cédé la place, contraint et forcé, à la distanciation sociale et aux gestes barrières. A nous de trouver la manière de laisser notre âme s'exprimer pour rejoindre l'autre sans s'approcher. Et que chacun ressente au fond de lui ce baiser qui ne peut être donné.

Anna-Dauphine Julliand,

journaliste et écrivain,

in Panorama, juin 2020, p. 58

 

NOËL AU TEMPS DU COVID 19

 

Il n’y aura pas de Noël ?

Bien sûr qu’il y en aura un !

Plus silencieux et plus profond,

Plus semblable au premier Noël,

quand Jésus est né,

Sans beaucoup de lumières sur la terre,

Mais avec l’étoile de Bethléem,

Les routes clignotantes de la vie

dans son immensité.

Pas d’impressionnantes parades royales,

Mais avec l’humilité des bergers

à la recherche de la Vérité.

Sans grands banquets,

Mais avec la présence

d’un Dieu tout puissant.

 

Il n’y aura pas de Noël ?

Bien sûr qu’il y en aura un !

Sans que les rues ne débordent,

Mais avec un cœur ardent pour

Celui qui est sur le point d’arriver.

Pas de bruit ni de tintamarres,

Réclamations ou bousculades...

Mais en vivant le Mystère,

Sans peur du «Covid-Hérode»,

Lui qui prétend nous enlever

le rêve de l’attente.

Il y aura Noël

Parce que DIEU est de notre côté.

Et nous partagerons,

comme le Christ l’a fait dans une crèche,

Notre pauvreté, notre épreuve, nos pleurs,

Notre angoisse et notre condition d’orphelin.

Il y aura Noël

Parce que nous avons besoin

De cette lumière divine

au milieu de tant de ténèbres.

Le Covid-19 ne peut jamais atteindre

le cœur et l’âme

De ceux qui, dans le ciel,

mettent leur espoir et leur idéal.

Il y aura bien Noël !

Nous chanterons des chants de Noël !

Dieu naîtra et nous apportera la liberté !

Père Javier Leoz, à Pampelune (Espagne)

Poème approuvé par le Pape François

qui a téléphoné à l’auteur pour le féliciter

 

A chaque naissance, quelque chose d'uniquement neuf arrive au monde.

Hannah Arendt

 

Celui qui monte ne s’arrête jamais d’aller

de commencement en commencement

par des commencements

qui n’ont jamais de fin.

Jamais celui qui monte n’arrête son désir

à ce qu’il connait déjà ;

mais s’élevant successivement,

par un autre désir à nouveau plus grand,

à un autre désir supérieur encore,

l’âme poursuit sa route vers l’infini

à travers des ascensions

 toujours plus hautes.

Grégoire de Nysse

La rose avec ses épines

 

En début d’année, il semblerait qu’une fée se penche sur nos vies pour les transformer d’un coup de baguette magique. On nous souhaite de de réussir tous nos projets, d’atteindre une félicité familiale, sentimentale, professionnelle, de déployer notre potentiel… Pleins de bonnes intentions, ces vœux mettent l’accent sur une certaine performance. Ils me donnent l’impression de vouloir faire table rase des échecs ou des aléas de la vie. Dans les cotillons du 31, on enterre une année pour en ouvrir une « toute neuve » sans nulles traces rugueuses de l’ancienne. Je préfère des vœux humbles qui prennent en compte la rose avec ses épines : ils savent qu’il suffit d’une journée de pluie ou de forte chaleur pour que ses pétales perdent leur fraîcheur, mais qu’un doux soleil rasant saura les ranimer.

Un premier janvier, assise sur un muret le long d’une plage à Biarritz, je méditais ainsi sur l’année à venir. Le va-et-vient incessant de la mer m’invitait à la patience, la force de la houle à l’action. Des surfers, agiles et audacieux, s’élançaient dans les vagues. Je les apercevais ramer des bras puis glisser debout sur la vague jusqu’à ce que celle-ci roule et s’évanouisse avec fracas. Parfois, l’un d’eux ratait son mouvement, tombait, se relevait. Le grondement de l’océan cédait peu à peu la place au son pétillant de l’écume : « Pchiiitt. » Et un nouveau cycle reprenait. Je restais ainsi une heure durant, fascinée.

Que sera cette année ? Quels seront ses creux et les moments où, confiante, j’avancerai, portée par le courant ? Comme tout commencement, un début d’année est une promesse exaltante et fragile. Sur le seuil, nous nous tenons en équilibre, les deux pieds dans l’aujourd’hui, des désirs dans le cœur et des projets plein la tête. Peut-être une épreuve tenace nous colle-t-elle aux basques, les nouvelles du monde nous font craindre le pire… Il nous faut plonger. En 2020, je vous souhaite d’avoir l’âme en veille par tous les temps, de goûter le beau, le bien, le vrai. Bonne Année !

Florence Chatel,

Journaliste spécialisée dans le handicap

Insomnie

 

Cher lecteur (trice),

sachant lire même entre les lignes, que fais-tu quand tu souffres d’insomnie ?

 

Certains de lèvent et vont au frigo comme Louis de Funès dans la Grande Vadrouille. Certaines femmes se mettent à faire le ménage, repasser ou commencer une lessive. Tu peux aussi continuer la lecture d’un livre. On peut se retourner en cherchant le sommeil, remettre la couette qui est tombée (toujours du même côté !), regarder la télé.

 

Moi je pousse le bouton de mon vieux transistor pour écouter des anciennes émissions qui repassent sur antenne avec l’équipe de nuit. Quand ce n’est pas intéressant je replonge dans l’obscur silence. Alors « ça tourne dans la tête » ; les idées sont noires la nuit et les événements remémorés prennent des proportions exagérées.

 

Certain(e)s égrènent le chapelet et se rendorment. La « bonne Mère » leur chante une berceuse. Lorsque la radio parle, il arrive de rêver en écoutant les paroles ; l’image est sonorisée. Et si vous voulez intervenir dans la conversation ils ne vous écoutent pas et vous pouvez râler en dormant.

 

Vous connaissez l’histoire du dormeur qui ronflait si fort qu’il est parti dormir dans la pièce à côté pour ne pas se réveiller ? Vous pouvez aussi faire de grands rêves et chercher à les interpréter.

 

Vous savez que Joseph a entendu des messages de Dieu dans ses rêves.

 

Peut-être que Dieu, ne pouvant plus nous rejoindre à cause du « boucan infernal » dans lequel nous sommes plongés, essaye de profiter du silence nocturne pour nous chuchoter un petit mot à l’oreille. Alors nous nous réveillons en joie. Il paraît que la nuit porte conseil. Charles Péguy fait dire à Dieu : je n’aime pas celui qui ne dort pas…

Le maraudeur. 

 

L'envol

Je ne l'ai pas vu grandir. La phrase est classique. Combien de parents la prononcent quand, tout à coup, ils s'aperçoivent que leur enfant est devenu un adulte? Je n'y croyais pas quad je l'entendais? Je pensais que c'était une simple façon de parler, une manière d'exprimer que le temps passait vite. Eh bien, je le dis moi aussi aujourd'hui, avec conviction: je n'ai pas vu mon fils aîné grandir.

 

Je l'ai vu pousser bien sûr au fils des années, je l'ai vu changer, gravir les marches de l'enfance et de l'adolescence. J'ai accompagné tous ses pas depuis les premiers. J'ai applaudi, tremblé, espéré, approuvé, aimé chacune de ces étapes. Mais je n'ai pas imaginé que cette époque se terminerait si vite.

 

A peine le bac en poche, il quitte la maison pour faire ses études supérieures dans une autre ville que la nôtre. Il se tient debout au bord du nid, les pattes solides et le regard déterminé. J'ai bien vu le duvet d'enfant qui persiste encore sous ses plumes de jeune homme. Et j'ai tendu la main pour le retenir, en murmurant: "Attends". Attends que je sois prête, que je sois forte, que j'aie grandi moi aussi dans mon cœur de maman.

 

J'ai été tentée de l'en empêcher, par peur. Non pas de ce qu'il allait faire et vivre, mais de son absence, du trou béant qu'il allait laisser dans la famille. De ce vide qui en fait resurgir d'autres, plus douloureux encore. J'aurais voulu orienter ses choix et contrecarrer ses projets pour qu'il reste avec nous, encore et encore.

 

Et puis, je me suis souvenue de l'enseignement de la vie de mes filles. Elles m'ont appris à lâcher prise. Lâcher prise, c'est sans doute la meilleure définition de la maternité. Alors, Gaspard, je lâche ta main, pour que tu voles de tes propres ailes aujourd'hui. Je ne m'éloigne pas, je ne recule pas d'un pas, c'est toi qui avance sur ton chemin. Je reste là à portée de bras; ces bras toujours grands ouverts pour t'accueillir et t'aimer.                                         

Anne-Dauphine Juliand,

journaliste et écrivain

« Articule fils ! »

Cher lecteur sachant lire même entre les lignes, pendant les études secondaires nous avions un professeur de diction qui nous apprenait à parler correctement  et qui nous disait souvent : articule fils ! C’était un cours bien utile qui n’existe plus. Nous avons de la peine à parler pour être entendu et compris. Nous parlons trop vite en éludant beaucoup de syllabes en ne séparant pas les mots. Cela donne une bouillie incompréhensible à voix basse qui ne passe même pas dans un micro. Même avec de bonnes oreilles beaucoup de mots sont inaudibles. Il nous faut apprendre à parler. Souvenons- nous de J. Brel qui prononçait ses textes de façon tellement claire. Certains chanteurs actuels au débit rapide sont masqués par une musique bruyante. Peut-être estiment-ils que leurs paroles ne valent pas la peine d’être comprises? Les anciens orateurs ne disposaient pas d’amplificateurs mais quelle puissance vocale ! St Antoine de Padoue qui avait dû remplacer au pied levé un célébrant malade abandonna son balai pour improviser un sermon. Ce fut le début de neuf années de prédication qui rassembla des foules. Quand il arrivait toutes les activités s’arrêtaient, les échoppes fermaient et on allait écouter ce petit homme monté sur une estrade dans la campagne devant des milliers de personnes. Il est d’ailleurs mort assis sur une chaise à l’âge de 36 ans. Certains de ses sermons et écrits ont été conservés. Qu’il vous tienne en joie, pas seulement quand vous retrouvez vos clés !

Le maraudeur.

 

Merci à l’ami lointain

Cher lecteur sachant lire même entre les lignes, un vieux sage, Georges N, disait: « Il faut être mort pour être louangé et être marié pour être critiqué. » C’est vrai.

On dirait qu’aux funérailles  il y a une inflation de louanges émues qui veulent peut-être compenser l’indifférence routinière quotidienne. Une dame souvent seule en maison de repos a écrit : « Pourquoi viendriez- vous me voir maintenant que j’ai les yeux fermés alors que vous n’êtes pas venus quand je les avais ouverts et que je pouvais vous voir ? » Elle a voulu être enterrée dans la plus stricte intimité. C’est pourquoi je veux m’adresser à un vivant, Jürgen Motmann  pour lui dire un chaleureux merci.  C’est le plus grand théologien que j’ai rencontré dans ma vie. Je ne l’ai jamais vu mais en lisant ses livres je me sens étrangement proche. Quand je suis « dans le brouillard » il suffit que j’aille piocher dans son œuvre pour que le soleil se lève. Il y a peu de rencontres de cette qualité dans la vie. Quel souffle dans ses écrits et ceux d’Elisabeth Wendel, son épouse ! Né en 1926, il a été enrôlé dans la FLAK (DCA), et a vécu des moments d’enfer dans le régime nazi. Prisonnier en Belgique et en Ecosse il s’est converti en lisant la bible. Il dit : « ce n’est pas moi qui ai découvert le Christ, c’est lui qui m’a trouvé. » Sa pensée théologique est riche, mouvante avec la vie, biblique, œcuménique, panoramique, cohérente  et riche de contacts de toutes sortes. Avec lui nous pouvons revisiter notre vieux « credo ». Je ne sais pas en dire plus ici mais j’espère voir un jour ce grand théologien de l’Espérance puisque nous sommes dans le même Christ pour toujours. Que le ciel nous tienne en joie, lui qui nous donne de tels témoins ! Il a écrit un livre traduit en français : De commencements en recommencements, une dynamique d’espérance, aux éditions Empreinte.

Pour vous requinquer dans la foi qui fréquentez-vous ? 

Le maraudeur.

 

C'est le jeûne qui fait le saint,

et la sobriété, l'homme de bon sens.

Jules Renard (1864-1910)

 

C'est vrai, Dieu meurt de froid.

Il frappe à toutes les portes, mais qui ouvre jamais?

La place est prise.

Par qui? Par nous-mêmes.

Julien Green (1900-1998)

Devant la porte sombre

 

Pendant un instant inépuisable,

je me suis assis près de la neige.

L'âme qui me servait de refuge

s'évanouit et devint une immensité

appuyée sur l'immensité.

La perfection affluait

et renonçait à tout recours

à la réflexion.

La neige était à un doigt

de renoncer à être neige.

François Jacqmin (1929-1992)

Poète belge

"Le livre de la neige"

 

Dieu est pour moi ce qu'il y a de plus "réconfortant".

C'est avec Dieu que je me sens "le plus au chaud.

Avec Dieu, je ne m'ennuie jamais, je n'ai jamais froid".

Vassili Rozanov (1856-1919) Ouvres choisies

 

« Je vire de mes pages facebook  ceux qui ridiculisent la religion ».

Marylène Bergmann 

Sa foi, Marylène n’a jamais songé à la cacher : « Certes, j’arbore des colliers avec une croix, je poste sur Facebook - il s’agit de pages personnelles - des photos d’endroits religieux que j’affectionne mais je ne fais pas de prosélytisme. Je discute de ce sujet avec qui le désire, y compris avec des juifs et des musulmans tolérants. Je refuse en revanche les échanges avec des esprits bornés, parfois haineux, les ultra-laïcs qui veulent bannir les crèches des lieux publics, qui ont dans le collimateur tout ce qui porte une croix et qui souhaitent même voir enlever la croix de l’emblème de la… Croix-Rouge ! Faudrait se calmer, quand même ! J’avoue que je n’hésite jamais à virer de mes comptes Facebook (10000 abonnés) les gens qui se permettent des commentaires grossiers et vulgaires à propos de la religion qu’ils cherchent ainsi à ridiculiser.

 

Paru dans « Le Soir Magazine »

Il est préférable d'empêcher un ami de tomber  que de l'aider à se relever.

Sagesse populaire

Laissons-nous traverser, avec une délicatesse infinie, ouverts dans le silence vivant, sans hargne. Nous ferons l'expérience alors que peu importent nos forces: la Sienne suffit. La Sienne suffit à faire terre pour nos coeurs déracinés. Et à nous rendre le Ciel.

 

Marie-Laure Choplin, Un cœur sans rempart 

Le beau est une graine en attente d'un regard qui le fera surgir, fleurir.

Les êtres et l'univers patientent en l'espérant.

 

Colette NYS-MAZURE, Secrète présence

Le temps n'est pas une courbe lisse

mais une série de cahots, de bonds et de pauses.

 

Niall Williams, Quatre lettres d'amour,  éd. Héloïse d'Omesson 

Il en faut pas prendre les enfants du Bon Dieu pour des canards sauvages

 

Proverbe français

 

L'homme est ce qu'il devient…

Dieu nous a donné à notre naissance une trame.

A nous de tisser notre drap, le plus fin

et le plus résistant possible.

Michel Peyramaure, écrivain

 

C'est quoi une vie d'homme ?

C'est le combat de l'ombre et de la lumière.

C'est une lutte entre l'espoir et le désespoir,

entre la lucidité et la ferveur.

Je suis du côté de l'espérance,

mais d'une espérance conquise, lucide,

hors de toute naïveté ?

Aimé Césaire (1913-2008)

Nous vous souhaitons la bienvenue sur le site du Doyenné de Messancy.